LE TRIANGLE INFERNAL

Il ne s’agit pas du triangle des Bermudes, autrefois célèbre pour ses disparitions mais du triangle de Karpman, une représentation symbolique d’un type de relations entre victime, bourreau et sauveur.
 
La victime, celle qui remet son pouvoir entre les mains de … son bourreau, qui abdique devant sa vie et est au service afin de répondre aux besoins de l’autre. Pour qu’il y ait une victime, il doit y avoir un bourreau, c’est une danse à deux ! Le bourreau a-t-il plus de pouvoir que la victime?  Pas vraiment, puisque sa stratégie est de manipuler la victime afin qu’elle réponde à ses besoins. Il a juste une position plus dominante mais le bourreau n’existe pas sans la présence de victimes. Mais à quoi peut servir ce type de relations? On répète les modèles que l’on a vu autour de nous, dans notre enfance, au moment où on apprend les règles du jeu de la vie. Ce qu’il y a de commun entre les 2, c’est que ni le bourreau, ni la victime ne se sentent capables ou en droit de s’occuper de ses propres besoins.
 
Puis arrive le sauveur ! Vous semble-t-il une position plus enviable ? C’est peut-être que, comme d’autres personnes, vous avez endossé le rôle de Président Directeur général … de l’Univers. Et oui, vous sentez-vous parfois, souvent appelé à sauver les victimes impuissantes … au détriment de vos propres besoins et limites ? En état d’urgence et de vigilance constante, comme gardien de l’harmonie parfaite. Alors, peut-être que vous aussi êtes déconnectés de vos propres besoins. C’est un rôle que j’ai endossé par le passé ce qui me permet d’en parler. Qu’en est-il alors de ceux qui en aident d’autres ? Le sauveur se distingue pour moi de la personne impliquée dans une activité de service pour accompagner les gens à reprendre du pouvoir sur leur vie. Le sauveur est plutôt pour moi celui qui porte l’autre sur ses épaules, un poids exigeant qui finira par épuiser ses réserves d’énergie ce qui aura éventuellement des conséquences sur sa santé.
 
Donc, autant la victime, le bourreau que le sauveur, ne semblent pas avoir le pouvoir de répondre à ses besoins, soit parce qu’il ne les connaît pas ou qu’il ne sait pas comment faire. Cela ressemble à la période de l’enfance dans laquelle on développe progressivement son autonomie après avoir appris à reconnaître les signaux envoyés. Du moins le bourreau reconnaît ses besoins et la victime sait comment y répondre, deux moitiés qui se complètent et chacun peut apprendre de l’autre. Le sauveur lui a le désir de ramener la paix et l’équilibre dans le système. 
 
La solution, unifier les 3 positions, car nous avons peut-être les 3 en nous. Vous avez peut-être vu la victime et le bourreau dans certaines relations entre vos parents et avez alors pris la décision de sauver leur union … pour votre propre sécurité. Vous avez ainsi décidé d’être sage, obéissante et de répondre à leurs attentes afin de leur apporter de la joie et aucune occasion de souci. Ainsi de sauveur, vous êtes devenus victime car dirigé par leurs attentes et exigences et bourreau de vous-mêmes puisque vous vous êtes coupés de l’écoute de vos propres besoins. C’est ainsi que l’on s’éloigne de sa propre nature et que l’on n’investie pas pleinement sa vie et les talents que nous sommes venus mettre au service des autres.
La piste que je vous propose sera éventuellement le chemin le plus doux de votre vie. Il s’agit de redécouvrir l’être unique que vous êtes en jouant avec la vie. Après avoir redécouvert votre sagesse intérieur pour vous mettre à l’écoute de ses besoins, il vous suffit d’explorer le monde, d’y faire des expériences pour découvrir par vos 5 sens ce qui est bon pour vous, ce qui vous procure de la joie. Le moment le plus difficile est de se permettre de sortir de sa zone de confiance, sa sécurité, se donner le droit à l’erreur, à l’imperfection qui n’est qu’apprenti  sage. Il n’agit de découvrir votre nature véritable et d’enlever les couches superficielles de l’éducation afin d’exposer au grand jour le diamant qui sommeille dans votre caverne.